C’est quoi un aplat en art ?

Encore un nouveau mot qui participe au vocabulaire de l’art. Aujourd’hui je vous propose le terme d’aplat, un mot que vous avez probablement déjà entendu. Mais qu’est-ce que vraiment un aplat ? Je vous explique cela juste en dessous.

Définition et explication de l’aplat en art

Définition du dictionnaire

Commençons par la définition du Robert :

1. Surface de couleur uniforme.

La définition du dictionnaire est celle que l’on donne aussi à l’aplat en art. Vous pouvez la retenir mais il faut bien comprendre le sens du mot uniforme et ne pas le confondre avec le mot uni. Il existe une subtilité entre les deux (sinon il n’y aurait qu’un seul mot). 😉

Uni ou uniforme ?

L’uni

L’uni renvoie à l’unité, à ce qui fait qu’un seul. Il y a l’idée de prendre plusieurs éléments distincts pour former un tout mais qui laisse toujours les caractéristiques initiales visibles. Si nous prenons l’exemple de deux personnes qui s’unissent dans le mariage, elles vont devenir une entité : le couple. Cependant, le couple sera un mélange de deux êtres, où chacune des deux personnalités va vivre en tension ou s’équilibrer mais sans jamais complètement disparaitre.

L’uniforme

L’uniforme renvoie lui aussi à l’uni, donc l’unité mais aussi à la forme. Le mot forme vient du latin forma qui est l’ensemble des caractéristiques extérieures de quelque chose. L’uni-forme est donc l’unité des caractéristiques extérieures, c’est ce qui apparait sous une même caractéristique, une seule et même forme.

C’est bien d’uniforme dont on parle lorsque l’on qualifie un aplat. La couleur n’a donc plus qu’une seule caractéristique, elle-même.

Aplat ou monochrome ?

Attention de ne pas confondre l’aplat avec le monochrome. Les deux mots touchent à la couleur mais ne définissent pas la même chose.

L’aplat

L’aplat est une surface plane, faite d’une seule couleur et sans variation de celle-ci. Il peut être une zone délimitée de l’œuvre. Autrement dit, il est possible d’avoir plusieurs aplats sur une même œuvre.

Le monochrome

Le monochrome est une œuvre d’une même et unique couleur. Cependant, les variations de la couleur sont possibles au moyens des effets de lumière qu’initient la matérialité du support ou la trace de l’outil. Néanmoins, il ne faut pas confondre le monochrome avec le camaïeu… Mais je vous expliquerez cela une prochaine fois. 😉

La nuance entre les deux notions peut paraître difficile à comprendre mais avec l’habitude vous les différencierez. Il ne faut pas non plus à tout pris les opposer ou les séparer. Dans certain cas une œuvre peut tout à fait être à la fois un aplat et un monochrome.

aplats de couleur sur une peinture de Malevitch
Kasimir Malevitch, Supremus #58, 1916
Monochrome de Pierre Soulage
Monochrome de Pierre Soulage

A gauche, vous pouvez voir une œuvre de Malevitch. Les formes sont principalement définies par des aplats jaunes, noirs, verts, bleus, blancs et gris.

Mais attendez, ce sont les couleurs principales historiques ! Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire l’article sur le Petit livre des couleurs.

A droite, c’est une peinture du peintre Pierre Soulage. Cette œuvre ne peut être un aplat, car la surface colorée est ni plane à cause des traces, ni uniformes à cause des variations de valeurs de gris causées par la lumière. Cependant, l’artiste à bien utilisé une seule et même couleur, ce qui en fait un monochrome.

L’impact de l’aplat sur l’œuvre d’art

C’est une technique qui permet d’avoir des surfaces sans nuances, où la couleur du tube vie d’elle même.

Un aplat en fond de l'atelier rouge de Matisse
Henri Matisse, L’Atelier rouge, 1911, huile sur toile, 181×219 cm, New York

Dans cette peinture du peintre Henri Matisse, l’aplat rouge supprime la sensation de profondeur. Tout semble être au même plan.

On ne peut pas dire qu’il y a un mouvement ou un courant artistique de l’aplat, car c’est avant tout une technique qui permet d’avoir des surfaces de couleur uniformes. Cependant, les mouvements qui tirent vers l’abstraction ou qui en sont issus ont une plus grande propension à l’utiliser.

Effectivement, le colorfield painting, l’expressionnisme abstrait, le cubisme ou encore le suprématisme sont des mouvements qui ont cherché à se libérer partiellement ou totalement de la représentation. C’est donc la couleur et la forme qui sont mises en avant pour leurs qualités esthétiques ou spirituelles.

Les limites de l’aplat

Généralement, on considère l’aplat comme une surface uniforme de couleur. La question est de savoir où s’arrête la limite de cette surface.

L’aplat n’est pas obligatoirement délimité par une ligne ou un cerne. Il est tout à fait possible d’avoir des aplats de couleur qui se touchent. (Comme dans Supremus #58, 1916 de Malevitch, vu un peu plus haut). Si nous partons du principe que l’aplat est une couleur uniforme, il est possible de pousser le concept.

Que se passe t-il si un artiste superpose deux couleurs uniformes l’une sur l’autre pour en faire émerger une troisième par transparence ? C’est ce que peut proposer David Reed avec certaines de ses compositions. Est-ce encore un aplat ? L’artiste en est à la limite.

Conclusion

Ce qu’il faut retenir :

  1. C’est une surface de couleur uniforme, sans traces de l’outil et sans variations.
  2. Ne pas le confondre avec le monochrome. Ils ont tout deux leurs spécificités.
  3. C’est une technique polyvalente, elle peut être utilisée pour rendre plusieurs effets souhaités comme aplanir l’espace ou laisser la couleur s’exprimer.

Voilà, encore un nouveau mot dans votre vocabulaire. Vous serez maintenant plus précis lorsque vous parlerez d’aplat. D’ailleurs, saviez vous ce qu’était vraiment un aplat avant cet article ? Dites le moi dans les commentaires ! 😉

N'hésitez pas à partager ;)

2 commentaires

Ajouter les vôtres

Laisser un commentaire